C’est au travers du brouillard,
Une ruelle près du port
Un endroit sympathique.
Une p’tite scène, un vieux comptoir
Avec quelques roublards,
Un piano mécanique..
Je débarque vent arrière
Et j’attends sur l’trottoir
Que l’enseigne s’allume,
Je passe au Zanzibar
En jouant de la guitare
Pour me faire quelques tunes.

Aller ! On ouvre la Boutique !
J’aime tout l’monde, tout l’monde s’aime
Et En Avant la Musique !!!
Aller ! On ouvre la Boutique !
Sur la p’tite scène ce soir,
Je joue au Zanzibar…

C’est mon Quartier Général
Mon ile de la Tortue,
Mon Macao à moi,
Y’a toujours un Amiral
Qui parle de la morue
Et de Filles-de-là-bas..
Y’a comme un p’tit air de fête
Comme dans les bals musette,
Les bordels à soldats,
Juste avant qu’y soit trop tard
Qu’y ai plus rien à boire
Et qu’on rentre chez soi.

 
Aller ! On squatte la Boutique !
J’aime tout l’monde, tout l’monde s’aime,
Et En Avant la Musique !!!
Aller ! On squatte la Boutique !
Sur la p’tite scène ce soir,
Je joue au Zanzibar…
 

C’est là où je traine mes bottes
En me faisant des potes
Et en vidant des mousses.
J’ai chopé une ardoise
Qu’en finie plus d’se voir
Longue comme une autoroute..
Mais y’a des nuits où tout s’allume
Des nuits où la folie
S’empare de la raison,
Avant que tout s’écroule
Que la Keuff’rie déboule
On monte encore le son…

Aller ! on casse la Boutique !
J’aime tout l’monde, tout l’monde s’aime,
Et plus FORT la Musique !!!
Aller ! On casse la Boutique !
Sur la p’tite scène ce soir,
J’mets l’feu au Zanzibar…

 
Les soirs de paie les dockers
organisent un poker
On descend au sous-sol,
Quand ça tourne au vinaigre
Quand j’ai eu trop d’jokers,
Quand j’ai eu trop de bol,
J’ai une sortie d’secours
Qui donne dans l’arrière-cour,
A côté des poubelles,
J’m'enfuis au petit jour
Chercher un peu d’amour
Chez Madame Isabelle…

Aller ! On ferme la Boutique !
J’aime tout l’monde, tout l’monde s’aime,
Mais c’est fini, la Musique !
Aller ! on ferme la Boutique !
La ruelle… le brouillard….
Et l’enseigne du Zanzibar….

shuuuut…….

J’suis comme chez moi
Dans sa roulotte,
Je partage sa bouillotte,
Et quand elle a l’cafard,
Je vais jusqu’à fermer les yeux
Pour lui donner un peu
De rêve dans le regard.
C’est là où j’irai m’échouer
Quand j’en aurai marre de jouer
Pire- Si y’a plus rien à boire-
Et oublier quelques heures

L’enseigne qui se meurre
Au dessus du ZanziBar… .
 
SACEM 2007

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